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HORIZON NEWS

L’économie américaine affiche une croissance plus résistante que prévu depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, mais les indicateurs restent contrastés. Si les investissements dans l’intelligence artificielle soutiennent l’activité, les droits de douane, la hausse des prix de l’énergie, le ralentissement des créations d’emplois et le coût élevé du crédit fragilisent le pouvoir d’achat d’une partie des ménages.

À l’approche des élections de mi-mandat, Donald Trump met en avant les performances de l’économie américaine, revendiquant une progression des revenus, une maîtrise de l’inflation et la création d’emplois. Pourtant, derrière cette communication, les résultats économiques présentent un tableau plus nuancé : la croissance résiste, mais ses bénéfices ne sont pas uniformément répartis et plusieurs indicateurs continuent de peser sur le quotidien des Américains.

Une croissance soutenue, notamment par l’intelligence artificielle

Selon les données présentées dans le texte source, le produit intérieur brut (PIB) américain progresse à un rythme annualisé de 2,2 %. Depuis la fin de 2024, juste avant le début du second mandat de Donald Trump, l’économie aurait enregistré une croissance cumulée d’environ 3,2 %.

Cette résistance intervient malgré les incertitudes provoquées par l’annonce, le 2 avril 2025, de nouveaux droits de douane sur les importations, dans le cadre de la politique commerciale dite du « Jour de la Libération ». Les prévisions économiques avaient alors été revues à la baisse, avant que l’assouplissement ultérieur de certaines mesures tarifaires ne réduise leur impact anticipé.

Un autre moteur de la croissance réside dans les investissements massifs des entreprises technologiques dans l’intelligence artificielle. La construction de centres de données et le développement des infrastructures numériques stimulent les dépenses des entreprises et soutiennent l’activité.

Les dépenses consacrées à la construction de centres de données, hors équipements informatiques, auraient atteint 5 milliards de dollars en août 2026, soit près du double du rythme mensuel observé au retour de Donald Trump au pouvoir. Cette dynamique constitue toutefois un facteur de vulnérabilité : un ralentissement des investissements dans l’IA pourrait affaiblir l’un des moteurs actuels de la croissance.

L’inflation repart à la hausse

La résistance de l’activité ne se traduit pas automatiquement par une amélioration du pouvoir d’achat. Le taux d’inflation indiqué dans le texte source atteint 3,7 %, contre environ 3 % en janvier 2025, même s’il reste inférieur au pic de 9 % enregistré en 2022.

Les droits de douane peuvent renchérir les produits importés et les intrants utilisés par les entreprises américaines. Une partie de ces coûts peut ensuite être répercutée sur les consommateurs. À cela s’ajoutent les tensions sur les marchés énergétiques liées à la guerre contre l’Iran et aux perturbations des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.

Le diesel illustre ces pressions sur les coûts : son prix aurait atteint 6,52 dollars le gallon en septembre 2026, selon les chiffres rapportés. Ce carburant étant largement utilisé dans le transport, l’agriculture et l’industrie, sa hausse peut se répercuter sur les coûts logistiques et les prix alimentaires.

Les évolutions restent néanmoins contrastées selon les produits. Les prix du bœuf et du café ont augmenté depuis le retour de Trump au pouvoir, tandis que ceux des œufs ont diminué. Mais une hausse durable de l’énergie pourrait accentuer les coûts de production et alimenter de nouvelles tensions sur les prix à la consommation.

Des revenus en hausse, mais des ménages inégalement bénéficiaires

Le revenu médian des ménages américains, corrigé de l’inflation, aurait progressé de 2,6 % en 2025 pour atteindre 87 460 dollars, un niveau record selon les données citées. Cet indicateur ne signifie toutefois pas que tous les ménages ont connu la même amélioration de leur situation financière.

Les effets des réductions d’impôts, de la hausse des prix et de l’évolution des aides publiques contribuent à différencier les résultats selon les niveaux de revenus. Les estimations de l’Institute on Taxation and Economic Policy (ITEP) citées dans le texte indiquent que le cinquième médian des ménages pourrait disposer, en 2026, d’environ 1 700 dollars de moins que dans un scénario de référence. Pour le cinquième des ménages les plus modestes, l’écart serait d’environ 750 dollars.

À l’inverse, les 1 % des ménages les plus riches bénéficieraient d’un gain moyen estimé à 12 560 dollars, principalement sous l’effet des réductions d’impôts. Ces projections soulignent une question centrale pour l’économie américaine : la croissance globale améliore-t-elle suffisamment les conditions de vie de la majorité de la population ?

Le coût de l’assurance maladie constitue également un facteur de pression, notamment pour les ménages affectés par l’expiration de subventions publiques supplémentaires qui avaient réduit leurs primes.

Le marché du travail perd de son dynamisme

Les créations d’emplois ralentissent depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Selon les chiffres rapportés, l’économie américaine aurait créé en moyenne 34 000 emplois par mois sous son second mandat, contre 122 000 par mois au cours de la dernière année de la présidence de Joe Biden.

Le secteur manufacturier ne montre pas non plus de reprise nette : il comptait 12,6 millions d’emplois en septembre 2026, soit légèrement moins qu’au début du second mandat de Trump. Ces données ne confirment donc pas, à ce stade, une forte vague de créations d’emplois industriels attribuable aux droits de douane.

Le taux de chômage reste néanmoins relativement bas, à 4,2 %. La politique restrictive en matière d’immigration et les expulsions peuvent cependant réduire la taille de la population active. Dans ce contexte, un nombre moins élevé de créations d’emplois peut suffire à stabiliser le taux de chômage, sans traduire nécessairement une forte demande de travail.

Déficit public et crédit : deux sources de fragilité

La situation budgétaire constitue un autre point de vigilance. Le déficit fédéral aurait atteint environ 2 000 milliards de dollars au cours de l’exercice clos en septembre 2026, soit près de 6 % du PIB. Il est notamment alimenté par l’écart entre les recettes et les dépenses publiques, dans un contexte de réductions d’impôts.

Le recours important à l’endettement soutient une partie de la demande économique à court terme, mais accroît les besoins de financement de l’État et les risques associés à la trajectoire de la dette. Le Fonds monétaire international a, de manière générale, alerté sur les vulnérabilités que peuvent créer des déficits persistants et une dette publique élevée.

Cette situation peut également contribuer à maintenir les rendements obligataires à un niveau élevé. Le texte source indique que le rendement des obligations du Trésor américain à dix ans dépasse 5 %, tandis que le taux des nouveaux prêts hypothécaires à trente ans atteint 7,4 %, contre 6,9 % au début du second mandat de Trump. Ces chiffres doivent être vérifiés auprès de sources statistiques récentes avant publication.

Des taux hypothécaires élevés réduisent la capacité d’emprunt des ménages et compliquent l’accès à la propriété. Ils peuvent également inciter les propriétaires ayant contracté des prêts à taux plus bas à différer leur déménagement, ce qui limite la fluidité du marché immobilier.

Une économie résistante, mais des fragilités persistantes

Le bilan économique de Donald Trump ne peut donc se résumer à la seule croissance du PIB. L’économie américaine bénéficie d’investissements technologiques importants et conserve un marché du travail relativement stable. Mais les droits de douane, les pressions énergétiques, le ralentissement des embauches et le coût du crédit réduisent les bénéfices ressentis par une partie des ménages.

À l’approche des élections de mi-mandat, l’enjeu politique sera autant la capacité de l’administration à maintenir la croissance que celle à rendre ses bénéfices plus largement perceptibles. Pour les ménages américains, les indicateurs les plus déterminants restent le pouvoir d’achat réel, l’accès à l’emploi, le coût de l’assurance maladie et la possibilité de se loger à un prix abordable.

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