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HORIZON NEWS

Malgré les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques mondiales, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) devrait maintenir une croissance de 6,3 % en 2026, après 6,5 % en 2025. Selon la note de conjoncture économique régionale du deuxième trimestre 2026, cette résilience repose notamment sur les performances agricoles, le dynamisme des industries extractives et l’amélioration des équilibres macroéconomiques.

L’économie de l’UEMOA conserve une trajectoire de croissance soutenue dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité des prix de l’énergie et le ralentissement de l’activité mondiale. La progression attendue de 6,3 % en 2026 placerait une nouvelle fois l’Union parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique subsaharienne.

Cette performance contraste avec les perspectives mondiales, où la croissance devrait ralentir à 3 % en 2026, tandis que l’inflation remonterait à 4,7 %, sous l’effet notamment du renchérissement des produits énergétiques et des perturbations des chaînes d’approvisionnement.

Les échanges extérieurs constituent l’un des principaux points d’appui de la conjoncture régionale. Au deuxième trimestre 2026, les exportations de l’Union ont progressé de 25,2 % sur un an, soutenues par les ventes de produits miniers, pétroliers et agricoles.

Malgré la hausse des importations, l’UEMOA a enregistré un excédent commercial de 2 088 milliards de FCFA. Le taux de couverture des importations par les exportations s’est établi à 126 %, ce qui signifie que les recettes d’exportation ont dépassé de 26 % la valeur des marchandises importées.

Cette évolution traduit une amélioration de la position commerciale régionale, favorisée par les performances des secteurs exportateurs. Elle souligne également l’importance des industries extractives et des produits agricoles dans la génération de recettes extérieures. La consolidation de cet excédent dépendra toutefois de la capacité des économies de l’Union à diversifier leurs exportations et à limiter leur exposition aux fluctuations des cours internationaux.

La campagne agricole 2025-2026 constitue un autre facteur de soutien à la croissance. La production vivrière est estimée à 76,6 millions de tonnes, en hausse de 6,7 %. Les cultures d’exportation devraient également progresser de 8,9 %, pour atteindre 15,1 millions de tonnes.

Le Burkina Faso, le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire figurent parmi les pays ayant contribué à ces performances. L’augmentation des productions agricoles est susceptible de soutenir les revenus des producteurs, l’approvisionnement des marchés et les exportations régionales.

L’activité industrielle est, pour sa part, demeurée globalement soutenue, malgré des évolutions contrastées entre les États membres. Les industries extractives ont notamment bénéficié de l’exploitation du gisement pétrolier Baleine en Côte d’Ivoire et de la reprise de la production d’uranium au Niger. Le secteur énergétique et certaines branches manufacturières ont également contribué à la dynamique économique.

Des fragilités structurelles subsistent néanmoins. Les contraintes d’approvisionnement en énergie, la diversification encore limitée de l’appareil productif et la dépendance à un nombre restreint de produits extractifs continuent d’exposer plusieurs économies de l’Union aux chocs extérieurs.

Sur le front des prix, la situation demeure relativement favorable. Au deuxième trimestre 2026, l’inflation en glissement annuel s’est limitée à 0,4 %, notamment grâce au recul de 0,9 % des prix alimentaires. L’inflation moyenne annuelle est attendue à 1,2 %, soit un niveau inférieur au plafond communautaire de 3 %.

Cette modération des prix contribue à préserver le pouvoir d’achat des ménages et à limiter les pressions sur les coûts de production. Elle reste toutefois tributaire de l’évolution des prix internationaux, des conditions d’approvisionnement et des performances agricoles.

Les finances publiques affichent également une évolution favorable. Selon la note de conjoncture, les recettes budgétaires ont progressé de 23,3 % par rapport à la même période de l’année précédente, à l’exception de la Côte d’Ivoire. Cette amélioration est attribuée au renforcement de la mobilisation fiscale dans la plupart des États membres.

Associée à une maîtrise relative des dépenses publiques, la progression des recettes a contribué à l’amélioration de la position budgétaire régionale. La poursuite de cette dynamique reste essentielle pour financer les investissements publics tout en préservant la soutenabilité des finances publiques.

Sur le plan monétaire, la masse monétaire a augmenté de 3,9 %, tandis que les actifs extérieurs nets ont progressé de 15,5 %. Ces évolutions témoignent d’un raffermissement de certains indicateurs monétaires et extérieurs de l’Union.

Malgré ces indicateurs favorables, les perspectives économiques de l’UEMOA demeurent soumises à plusieurs risques. La prolongation des tensions géopolitiques, la volatilité des cours des matières premières, les contraintes sécuritaires dans certains États membres et le ralentissement de l’économie mondiale pourraient affecter les échanges, les investissements et les équilibres macroéconomiques.

La dépendance aux exportations de produits agricoles et extractifs constitue également un facteur de vulnérabilité. Une baisse des cours internationaux ou une perturbation de la production pourrait réduire les recettes extérieures et peser sur les finances publiques de certains pays.

Dans ce contexte, le maintien d’une croissance de 6,3 % en 2026 dépendra de la capacité des États membres à préserver leurs équilibres macroéconomiques, à renforcer la mobilisation des ressources internes et à soutenir les investissements productifs.

Au-delà de la performance conjoncturelle, le principal enjeu pour l’UEMOA sera de transformer cette croissance en gains durables de productivité, en emplois et en valeur ajoutée locale. La diversification des économies, le développement de l’industrie de transformation et le renforcement de l’intégration commerciale régionale seront déterminants pour consolider la résilience de l’Union face aux chocs extérieurs.

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