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HORIZON NEWS

En clôturant sa visite officielle en Chine à Shenzhen, le 16 octobre 2026, le Président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a mis l’accent sur le renforcement des relations économiques entre le Togo et le Guangdong. Cette province chinoise, moteur industriel et technologique du pays, offre de nouvelles perspectives de coopération dans les secteurs portuaire, commercial, agricole et numérique.

La visite officielle du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, en Chine s’est achevée le vendredi 16 octobre 2026 à Shenzhen, dans la province du Guangdong. Cette dernière étape a été consacrée à l’exploration de nouvelles opportunités de coopération économique entre le Togo et l’un des principaux centres de croissance de l’économie chinoise.

Au cours des échanges avec les autorités provinciales, le Gouverneur du Guangdong, Meng Fanli, a présenté les atouts économiques de sa province ainsi que les domaines susceptibles de favoriser un approfondissement des relations bilatérales. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de diversification des partenariats économiques engagée par le Togo, avec pour objectif de mobiliser de nouveaux investissements, de développer les échanges commerciaux et de renforcer les capacités productives nationales.

Le Guangdong, une puissance industrielle et technologique

Le Guangdong occupe une place centrale dans l’économie chinoise. Première province économique du pays pour la 37e année consécutive, elle représente, selon les données rapportées, plus de 10 % de la production économique nationale. Son poids financier, industriel et commercial en fait un interlocuteur de premier plan pour les économies en quête de partenariats avec les grands centres de production mondiaux.

Avec Shenzhen comme vitrine technologique, la province s’appuie sur un écosystème industriel diversifié, notamment dans l’électronique, les télécommunications, les technologies numériques et les activités manufacturières. Elle bénéficie également d’infrastructures portuaires et logistiques développées, qui facilitent son intégration aux chaînes de valeur mondiales.

Pour 2026, le Guangdong affiche un objectif de croissance de son produit intérieur brut (PIB) compris entre 4,5 % et 5 %. Dans le contexte de sa stratégie de développement pour la période 2026-2030, la province entend ainsi consolider sa compétitivité et maintenir son rôle dans les échanges internationaux.

Pour le Togo, ce potentiel représente une source d’opportunités, notamment en matière de transfert de compétences, d’innovation, de modernisation industrielle et d’accès aux technologies.

Le Port de Lomé au cœur des perspectives de coopération

Le secteur portuaire figure parmi les principaux axes de coopération évoqués lors des échanges. Le développement des relations entre le Port autonome de Lomé et les acteurs portuaires du Guangdong pourrait contribuer à renforcer les connexions maritimes, à fluidifier les échanges de marchandises et à développer les activités logistiques.

Cette perspective revêt un intérêt particulier pour le Togo, qui ambitionne de consolider sa position de plateforme logistique et commerciale en Afrique de l’Ouest. Grâce à sa situation géographique et à son ouverture sur les marchés régionaux, le Port de Lomé constitue un point d’appui pour les échanges entre l’Asie et les économies ouest-africaines.

Un rapprochement plus structuré avec les opérateurs du Guangdong pourrait ouvrir des pistes de collaboration dans la gestion portuaire, les services logistiques, la manutention et l’organisation des flux commerciaux. La concrétisation de ces perspectives dépendra toutefois de la mise en place de projets opérationnels, d’accords entre les partenaires concernés et de mécanismes de financement adaptés.

Au-delà des infrastructures, l’enjeu consiste à accroître la capacité du Togo à capter une part plus importante des retombées économiques générées par le commerce international.

Agriculture, pêche et formation : diversifier les échanges

Les perspectives de coopération ne se limitent pas au secteur maritime. L’agriculture, la pêche, le tourisme, la formation professionnelle, le transfert de technologie et les échanges universitaires ont également été identifiés comme des domaines d’intérêt commun.

Dans le secteur agricole, les échanges pourraient favoriser la modernisation des techniques de production, la transformation des matières premières et le développement de chaînes de valeur locales. La coopération dans la pêche pourrait, quant à elle, porter sur l’amélioration des équipements, des compétences techniques et des méthodes de transformation et de conservation.

La formation professionnelle et les transferts de technologie constituent également des leviers importants. Des partenariats avec les entreprises et les institutions du Guangdong pourraient contribuer au développement des compétences locales, à l’adaptation des qualifications aux besoins des entreprises et à la diffusion de solutions technologiques dans plusieurs secteurs productifs.

Pour le Togo, l’enjeu économique sera de transformer ces pistes de coopération en projets créateurs de valeur ajoutée, d’emplois et de compétences, tout en favorisant une meilleure intégration des entreprises nationales aux circuits commerciaux internationaux.

Lomé et Shenzhen : une coopération décentralisée à relancer

La coopération entre les collectivités territoriales a également occupé une place importante dans les discussions, notamment à travers le jumelage établi en 1996 entre Lomé et Shenzhen.

Ce partenariat constitue un cadre potentiel pour développer des échanges d’expériences et des initiatives conjointes dans les domaines de la gouvernance urbaine, des infrastructures, de la formation et de l’innovation. L’expérience de Shenzhen en matière de développement industriel et technologique pourrait notamment alimenter les réflexions sur la modernisation urbaine et économique de Lomé.

La relance de cette coopération décentralisée pourrait ainsi compléter les initiatives engagées au niveau gouvernemental, en rapprochant les collectivités, les entreprises, les universités et les institutions techniques des deux pays.

Un partenariat à traduire en projets concrets

À l’issue des échanges, Faure Essozimna Gnassingbé a salué l’accueil réservé à sa délégation et souligné l’importance du choix de Shenzhen pour clôturer son déplacement officiel. Cette étape traduit l’intérêt porté par le Togo au dynamisme industriel, technologique et commercial de cette métropole chinoise.

Les relations entre Lomé et Pékin reposent sur une coopération appelée à s’étendre à de nouveaux secteurs présentant un potentiel économique et social. Le rapprochement avec le Guangdong s’inscrit dans cette dynamique, avec la volonté de diversifier les partenaires du Togo et de renforcer les liens avec les principaux centres de croissance de l’économie chinoise.

La portée économique de cette démarche dépendra désormais de sa traduction en réalisations concrètes : accords commerciaux, partenariats entre entreprises, projets d’investissement, programmes de formation et initiatives de transfert de technologie.

Pour le Togo, l’objectif est de tirer parti des capacités industrielles et logistiques du Guangdong afin de soutenir la diversification de son économie, d’améliorer sa compétitivité et de renforcer son intégration dans les échanges internationaux.

La séquence de Shenzhen ouvre ainsi un nouveau champ de possibilités dans les relations économiques sino-togolaises. Au-delà des déclarations d’intention, la concrétisation de ces perspectives constituera le principal indicateur de la capacité de ce rapprochement à générer des investissements, des emplois et une croissance durable au bénéfice de l’économie togolaise.

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