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HORIZON NEWS

Dette publique, facilitation du commerce, exportation du soja, développement industriel et formation : le Togo et la Chine ont signé treize accords et mémorandums d’entente à Pékin, avec l’ambition de consolider leurs relations économiques et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération multisectorielle.

Le Togo et la Chine franchissent une nouvelle étape dans le renforcement de leur partenariat bilatéral. Le 15 octobre, à Pékin, le Président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, et le Premier ministre chinois, Li Qiang, ont présidé une cérémonie de signature de treize accords et mémorandums d’entente couvrant plusieurs secteurs stratégiques de l’économie et de l’action publique.

Cette série d’engagements s’inscrit dans le prolongement de l’élévation des relations entre les deux pays au rang de « Communauté d’avenir partagé Chine-Togo à l’ère nouvelle », annoncée le 13 octobre. Elle vise notamment à approfondir la coopération financière et commerciale, à faciliter les échanges, à soutenir les activités agricoles et industrielles et à renforcer les capacités institutionnelles.

Allègement de la dette : un volet financier au cœur des engagements

Sur le plan financier, l’un des principaux instruments signés porte sur l’annulation partielle de la dette publique togolaise envers la Chine. Cette mesure pourrait contribuer à réduire une partie des engagements financiers du pays et à dégager des marges de manœuvre budgétaires, selon les modalités de mise en œuvre de l’accord.

Toutefois, l’ampleur de ses effets dépendra notamment du montant de la dette concernée, des conditions de l’annulation et de son incidence sur le service de la dette. Aucun détail chiffré n’étant précisé dans le texte officiel, il reste difficile d’en mesurer, à ce stade, les retombées budgétaires.

Douanes et commerce : vers une meilleure fluidité des échanges

La facilitation des échanges commerciaux figure également parmi les priorités du partenariat. Un protocole d’accord relatif au programme des Opérateurs économiques agréés (OEA) a été conclu entre l’Office togolais des recettes (OTR) et l’Administration générale des douanes de Chine.

Ce dispositif vise à renforcer la coopération entre les administrations douanières, à améliorer la confiance dans les opérations commerciales et à faciliter les procédures d’importation et d’exportation pour les opérateurs concernés.

Les deux pays entendent également approfondir leur collaboration dans les secteurs industriels, les chaînes d’approvisionnement, le commerce numérique et la coopération économique et commerciale internationale. Le développement vert figure lui aussi parmi les axes retenus.

Ces orientations pourraient favoriser la diversification des échanges, l’adoption de nouvelles technologies et le développement de partenariats entre entreprises togolaises et chinoises. Leur portée économique dépendra néanmoins de la concrétisation des engagements, de la capacité des acteurs locaux à y participer et des investissements effectivement mobilisés.

Soja togolais : un accès au marché chinois à encadrer

L’agriculture constitue un autre volet important des accords. Les deux parties ont signé un protocole relatif aux exigences phytosanitaires applicables au soja togolais destiné au marché chinois.

L’objectif est d’encadrer les conditions sanitaires et phytosanitaires nécessaires à l’exportation de cette production vers la Chine. Pour les filières agricoles togolaises, cet instrument ouvre une perspective de diversification des débouchés commerciaux et de valorisation de la production nationale.

L’accès effectif au marché chinois dépendra toutefois du respect des normes exigées, de la capacité des producteurs et exportateurs à satisfaire les critères de qualité, ainsi que de l’organisation de la collecte, du stockage et de la logistique d’exportation.

À terme, le développement de ce débouché pourrait contribuer à renforcer les recettes d’exportation du secteur agricole, sous réserve de la demande du marché et des conditions de compétitivité du soja togolais.

Capital humain et infrastructures institutionnelles

La coopération porte également sur le développement des capacités institutionnelles. Les deux pays ont échangé des notes relatives à un projet de construction du bâtiment du ministère togolais des Affaires étrangères.

Un mémorandum d’entente consacré au développement des ressources humaines complète ce dispositif. Il prévoit le renforcement de la coopération en matière de formation et de partage des compétences.

Ces engagements s’inscrivent dans une logique de consolidation des capacités administratives et techniques, un enjeu important pour accompagner la mise en œuvre des projets de coopération et soutenir le développement économique.

Médias : le partenariat s’étend à l’audiovisuel

Le secteur des médias figure également dans le périmètre des accords. Des mémorandums d’entente ont été signés entre China Media Group (CMG) et la Télévision nationale togolaise (TVT), ainsi qu’entre l’Administration nationale chinoise de la radio, du cinéma et de la télévision et la TVT.

Ces instruments visent à développer les échanges professionnels, le partage d’expériences et la collaboration entre les institutions audiovisuelles des deux pays.

Au-delà des secteurs directement économiques, ces accords élargissent ainsi le champ du partenariat bilatéral à la coopération institutionnelle et aux industries de l’information.

Coopération décentralisée et sécurité internationale

Deux autres mémorandums d’entente conclus au cours de la visite officielle concernent la coopération décentralisée entre la province chinoise du Shaanxi et la région togolaise de la Kara, ainsi que la promotion de la coopération dans le cadre de l’Initiative pour la sécurité mondiale.

La coopération entre le Shaanxi et la Kara pourrait notamment favoriser les échanges entre collectivités territoriales et ouvrir des possibilités de collaboration autour de projets locaux, selon les initiatives qui seront effectivement développées.

Des retombées qui dépendront de la mise en œuvre

Avec ces treize instruments, Lomé et Pékin entendent donner une nouvelle dimension à leur coopération, en combinant les volets financier, commercial, agricole, industriel, institutionnel et médiatique.

Pour le Togo, les enjeux économiques résident notamment dans les effets potentiels de l’allègement de la dette, l’élargissement des débouchés à l’exportation et le renforcement des capacités productives. Mais la signature des accords ne constitue qu’une première étape.

Leur impact réel dépendra des modalités d’exécution, des ressources mobilisées, du niveau de participation des entreprises togolaises et de la capacité du pays à transformer ces engagements en activités économiques, en recettes d’exportation et en opportunités d’emploi.

La concrétisation de ces objectifs constituera ainsi un indicateur essentiel de la portée économique du partenariat sino-togolais et de sa contribution au développement du pays.

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