Gouvernance économique | Samedi 10 octobre 2026
Les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) représentent plus de 90 % du tissu entrepreneurial togolais, selon les données relayées par les autorités. Pourtant, leur accès aux marchés extérieurs demeure un défi majeur. Avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ces entreprises disposent d’un cadre destiné à faciliter leur accès à un marché de près de 1,4 milliard de consommateurs. Mais pour transformer cette opportunité en exportations concrètes, plusieurs obstacles restent à surmonter.
Dans l’agroalimentaire, le textile ou encore les services, les entreprises désireuses de se développer à l’international sont confrontées à un accès limité à l’information commerciale, à une connaissance insuffisante des débouchés disponibles et à la complexité des règles d’origine. Pour bénéficier des préférences tarifaires prévues par la ZLECAf, elles doivent notamment démontrer que leurs marchandises satisfont aux critères d’origine applicables et respecter les formalités requises.
Pour la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), la création d’un marché continental ne garantit pas automatiquement aux entreprises la possibilité d’en tirer profit. La maîtrise des règles commerciales, des procédures douanières et des mécanismes de facilitation des échanges constitue un préalable essentiel à leur compétitivité.
C’est dans cette perspective que l’ACBF a organisé, le 9 octobre 2026 à Lomé, un atelier d’information et d’appropriation consacré aux possibilités offertes par la ZLECAf aux entreprises togolaises.
Réunissant 50 participants, la rencontre était placée sous le thème : « Tirer profit de la ZLECAf au Togo, maîtriser le protocole sur le commerce des marchandises pour développer les exportations des TPME locales ».
L’objectif était de permettre aux participants de mieux comprendre le Protocole sur le commerce des marchandises de la ZLECAf, notamment les règles d’origine, les formalités d’exportation et les mécanismes facilitant l’accès aux marchés africains.
Selon Edem Messa-Gavo, responsable principal de la mesure d’impact à l’ACBF, qui représentait le secrétaire exécutif de la Fondation, cet atelier s’inscrit dans un processus progressif de renforcement des capacités.
Le parcours a débuté par une formation en ligne destinée à plus de 100 participants issus d’une dizaine de pays. Il s’est poursuivi par une session intensive organisée du 13 au 17 octobre 2025 à Arusha, en Tanzanie.
À l’issue de ce processus de formation, deux participants togolais, Hadarou Ouro-Akonon et Eric Hounou Mawuko, ont été désignés comme « champions » pour contribuer à la sensibilisation des TPME aux règles et procédures d’exportation.
Depuis leur formation, les deux participants contribuent à la diffusion des connaissances auprès des entreprises togolaises, à travers des activités de sensibilisation et d’accompagnement.
« Nous déployons un plan d’action comprenant des webinaires mensuels, des campagnes de sensibilisation à l’Université de Lomé et des rencontres ciblées avec les responsables de TPME à Lomé et à l’intérieur du pays, notamment à Anié, Sokodé et Tchamba », explique Hadarou Ouro-Akonon.
Ces activités permettent également de recueillir les difficultés rencontrées par les entreprises dans leurs démarches d’exportation, afin de mieux adapter les actions d’accompagnement à leurs besoins.
Pour les autorités togolaises, la maîtrise des dispositions de la ZLECAf est indispensable pour permettre aux entreprises nationales de tirer pleinement parti de l’intégration commerciale africaine.
Le directeur général du commerce, Dr Talime Abe, souligne que cet accord offre aux économies africaines la possibilité d’élargir leurs marchés, de renforcer les chaînes de valeur régionales, de développer les échanges commerciaux et de favoriser la création d’emplois.
Toutefois, ces perspectives supposent une meilleure connaissance des règles d’origine, des procédures douanières, des mécanismes de facilitation du commerce et des débouchés disponibles sur le continent.
L’atelier organisé à Lomé vise ainsi à apporter des réponses concrètes aux préoccupations des entrepreneurs, en leur fournissant des informations sur les opportunités commerciales, les régimes préférentiels et les exigences à respecter pour exporter dans le cadre de la ZLECAf.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme de renforcement des capacités pour la transformation structurelle en Afrique (CADAST), financé par la Banque africaine de développement (BAD) et mis en œuvre par l’ACBF en partenariat avec l’ESAMI-TRAPCA.
Le programme vise à soutenir la croissance économique et le développement durable en Afrique, notamment à travers le renforcement des capacités institutionnelles, l’amélioration de la gouvernance macroéconomique et la promotion de l’intégration régionale.
Au Togo, il accompagne les efforts engagés pour diversifier les exportations et favoriser une meilleure intégration des entreprises locales dans les chaînes de valeur sous-régionales et continentales.
Pour les TPME togolaises, le défi consiste désormais à traduire les connaissances acquises en résultats concrets : conquérir de nouveaux marchés, accroître les exportations et renforcer leur compétitivité. La ZLECAf constitue une opportunité importante, mais sa portée économique dépendra aussi de la capacité des entreprises à maîtriser ses règles et à répondre aux exigences du commerce continental.













