Lomé veut franchir un nouveau cap dans ses relations économiques avec Moscou. À la faveur de la première session de la Commission mixte intergouvernementale russo-togolaise, des entreprises russes et des opérateurs économiques togolais ont exploré, le 29 septembre 2026 à Lomé, de nouvelles pistes de coopération autour de l’investissement, de la technologie et des partenariats industriels.
La rencontre, organisée au siège de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo), intervient dans un contexte de rapprochement entre les deux pays, marqué notamment par les échanges entre les dirigeants togolais et russe à Moscou en novembre 2025. La Commission mixte intergouvernementale constitue désormais l’un des cadres destinés à concrétiser l’Accord de coopération commerciale, économique, scientifique et technique entre Lomé et Moscou.
Pour la CCI-Togo, l’enjeu dépasse désormais le simple développement des flux commerciaux. Son président, Dr José Kwassi Symenouh, a clairement posé l’ambition : faire évoluer la relation économique vers des partenariats capables de créer de la valeur au Togo.

« Nous ne souhaitons pas seulement vendre et acheter ; nous souhaitons produire ensemble », a-t-il déclaré devant la délégation russe.
Cette orientation place au cœur des discussions les investissements directs, le transfert de technologies, les équipements industriels, les compétences et les modèles d’exploitation.
Le Togo entend également valoriser sa position géographique et ses infrastructures pour attirer des entreprises russes désireuses de développer leurs activités en Afrique de l’Ouest. La disponibilité d’un port en eau profonde, les infrastructures logistiques et l’appartenance du pays aux espaces d’intégration régionale ont notamment été mises en avant.
Les échanges ont permis de présenter plusieurs projets susceptibles de donner une traduction concrète à cette coopération. Quatre initiatives ont particulièrement retenu l’attention : l’Académie consulaire des métiers d’Adétikopé, la gare routière de Sokodé, le projet AgriTech d’Agbelouvé consacré à l’agriculture intelligente et un projet de parking structuré dans le centre-ville de Lomé.

Pour la CCI-Togo, l’objectif n’est pas de rechercher uniquement des ressources financières.
« Nous ne cherchons pas uniquement des financements. Nous recherchons aussi des compétences, des technologies, des équipements, des modèles d’exploitation, des partenariats industriels et des engagements de long terme », a précisé Dr José Kwassi Symenouh.
Cette approche ouvre la voie à différents formats de coopération : coentreprises, fourniture d’équipements, assistance technique, transfert de savoir-faire ou encore exploitation conjointe de projets.
La délégation russe s’est montrée disposée à examiner plusieurs domaines de coopération, notamment l’agriculture, l’énergie et les technologies. L’enjeu consiste désormais à identifier des projets présentant un intérêt économique pour les deux parties et susceptibles de déboucher sur des engagements concrets.
Le projet AgriTech d’Agbelouvé s’inscrit notamment dans cette logique. En misant sur l’agriculture intelligente, il pourrait constituer un terrain d’expérimentation pour des solutions technologiques destinées à améliorer la productivité et la modernisation des chaînes de production agricoles.
La coopération envisagée ne se limite pas aux infrastructures et aux investissements. La formation professionnelle apparaît également comme un axe important.
Le projet d’Académie consulaire des métiers d’Adétikopé a ainsi suscité l’intérêt de la délégation russe. La possibilité de faire bénéficier les jeunes qui y seront formés de programmes de bourses d’études accordés par la Russie à des étudiants togolais a notamment été évoquée.
À travers cette approche, la coopération économique pourrait également contribuer au développement des compétences nécessaires aux futurs projets industriels et technologiques.
La CCI-Togo souhaite par ailleurs institutionnaliser davantage les relations entre les communautés d’affaires des deux pays. Elle envisage notamment la conclusion d’un accord de coopération avec la Chambre de commerce et d’industrie de la Fédération de Russie, ainsi que la création d’un Conseil d’affaires Togo-Russie.
Un tel mécanisme pourrait servir de plateforme pour faciliter les échanges d’informations économiques, organiser des missions d’affaires, identifier des partenaires et accompagner les entreprises dans leurs démarches d’investissement.
Après cette première séquence, les discussions doivent se poursuivre mercredi 30 septembre au Palais des Congrès de Lomé, avec des rencontres B2B sectorielles organisées dans le cadre de la Commission mixte intergouvernementale.
L’enjeu est désormais de transformer les intentions en opérations : investissements, partenariats industriels, création d’entreprises communes, transfert de technologies et nouveaux courants commerciaux.
La séquence russo-togolaise offre ainsi une occasion de repositionner la coopération économique avec Moscou autour de projets productifs et de partenariats de long terme, avec le secteur privé appelé à jouer un rôle central dans leur concrétisation.













