À l’issue de son 40ᵉ anniversaire célébré à Lomé, le Groupe Ecobank fixe un nouveau cap à l’horizon 2030. Le groupe bancaire panafricain prévoit de mobiliser 2,6 milliards USD pour financer l’entrepreneuriat féminin et les chaînes de valeur agricoles, avec l’ambition de renforcer la sécurité alimentaire, l’industrialisation et le commerce intra-africain.
Le Groupe Ecobank veut transformer la célébration de ses 40 ans en levier pour son prochain cycle de croissance.
À Lomé, lors de la conférence de presse marquant la clôture de cette année anniversaire, le premier groupe bancaire panafricain a annoncé un engagement financier de 2,6 milliards USD d’ici 2030, destiné à soutenir deux segments jugés stratégiques pour l’économie africaine : les entreprises dirigées par des femmes et l’agrobusiness.
Sur cette enveloppe, 2 milliards USD seront consacrés au programme Ellever, tandis que 600 millions USD seront destinés aux PME et aux chaînes de valeur agricoles.
« Nous ne profitons pas de la clôture de notre 40ᵉ anniversaire pour regarder en arrière, nous en faisons le tremplin stratégique du prochain chapitre économique de l’Afrique », a déclaré Jeremy Awori, Directeur général du Groupe Ecobank.
À travers son initiative Ellever, Ecobank ambitionne de constituer d’ici 2030 un portefeuille de crédits de 2 milliards USD en faveur des femmes entrepreneures.
Le groupe entend ainsi faire passer à plus de 400 000 le nombre de PME dirigées par des femmes accompagnées, contre plus de 110 000 entreprises déjà soutenues. L’objectif est également d’élargir l’accès au financement pour près d’un million de micro entrepreneurs grâce notamment à la formation aux outils numériques et à la bancarisation.
Le dispositif reposera sur des solutions de financement adaptées, notamment des crédits partiellement garantis grâce à des partenariats avec des institutions de financement du développement et de financement durable.
L’agrobusiness, l’éducation et la santé figurent parmi les secteurs ciblés.600 millions USD pour financer « de la ferme à la table ». Ecobank prévoit de consacrer 600 millions USD d’encours de crédits aux PME agricoles à l’horizon 2030.
La banque veut dépasser le traditionnel financement des campagnes agricoles pour intervenir sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Producteurs, agrégateurs, transformateurs, logisticiens, commerçants et exportateurs sont ainsi concernés. L’approche privilégiera notamment l’agriculture résiliente au changement climatique, la digitalisation des flux financiers en milieu rural et le financement structuré du commerce.
À travers cette stratégie, Ecobank entend contribuer au développement de marchés agricoles régionaux et à la réduction de la dépendance du continent aux importations alimentaires.
L’accès aux marchés constitue un autre volet de cette feuille de route. Ecobank mise notamment sur son Espace d’échanges commerciaux, intégré à son Marché Unique, qui interconnecte plus de 60 000 entreprises. Associée aux solutions de paiement panafricaines du groupe, cette infrastructure doit faciliter les transactions entre producteurs, PME, fournisseurs et acheteurs de différents pays africains.
L’objectif est de mieux intégrer les entreprises, notamment celles dirigées par des femmes, aux chaînes de valeur régionales dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
La mise en œuvre de cette ambition reposera sur quatre leviers : le financement et la réduction des risques, le développement du commerce transfrontalier, la digitalisation des filières et le renforcement des capacités.
Pour Ecobank, le financement du fonds de roulement et des investissements devra notamment être renforcé grâce à des mécanismes de garantie.
La banque prévoit également d’accompagner les entreprises sur la gestion, l’accès aux marchés d’exportation, le leadership et les normes ESG. Après quatre décennies d’implantation sur le continent, le groupe veut ainsi faire de son ancrage panafricain un instrument de financement de la transformation économique.
Depuis Lomé, où Ecobank a été fondé, la banque entend inscrire son prochain chapitre autour d’une même ambition : financer davantage les acteurs africains, connecter les marchés et soutenir l’intégration économique du continent.













