Le Togo avance dans la préparation de la troisième phase du Cadre intégré renforcé (CIR), avec pour ambition de faire du commerce et de l’investissement des leviers de transformation économique. Un atelier de validation du rapport provisoire du Document de programmation pays (DPP) s’est tenu le 27 août 2026 à Lomé, en présence de membres du gouvernement, de partenaires financiers et de développement ainsi que des acteurs impliqués dans la mise en œuvre du programme.
L’atelier constitue une étape importante dans la préparation de la mise en œuvre de la Phase 3 du CIR au Togo. Lancée officiellement le 25 mars 2026 à Yaoundé, en marge de la 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), cette initiative multilatérale est exclusivement dédiée à l’aide au commerce en faveur des Pays les moins avancés (PMA).
Selon Paulin Zambelongo, Coordonnateur principal au Secrétariat exécutif du Cadre intégré renforcé à l’OMC, la troisième phase du CIR repose sur une vision orientée vers « un commerce et un investissement inclusifs pour un développement résilient, durable et transformateur dans les PMA ».

La Phase 3 marque une évolution dans l’approche du CIR. Au-delà du soutien aux échanges commerciaux, l’investissement est désormais considéré comme un moteur essentiel de la transformation économique des PMA. Il doit contribuer à renforcer les capacités productives, à mobiliser davantage de ressources et à soutenir le développement du secteur privé.
« La troisième Phase s’appuie sur une approche actualisée et tournée vers l’avenir, visant à avoir des effets plus importants dans les PMA », a expliqué Paulin Zambelongo. Cette nouvelle phase privilégie les programmes-pays pluriannuels plutôt que les projets autonomes, avec l’objectif de renforcer durablement les capacités des PMA en matière de commerce et d’investissement.
L’ambition est également de favoriser une meilleure compétitivité des entreprises, d’élargir leur accès aux marchés et de renforcer la résilience des économies concernées afin de leur permettre de mieux s’intégrer au système commercial multilatéral.
Au Togo, le Document de programmation pays (DPP) constitue le principal cadre de programmation de cette nouvelle phase. D’un coût total de 4,48 millions de dollars, dont 3,5 millions de dollars financés par le CIR sur la période 2026-2031, le programme vise à soutenir les priorités nationales en matière de commerce, d’investissement et de transformation économique.
Le DPP s’articule autour de deux facilités de financement : le soutien au développement institutionnel et le soutien catalytique à la compétitivité commerciale et à l’expansion de l’accès aux marchés.
Le document accorde également une attention particulière aux réformes institutionnelles, à la compétitivité commerciale et à l’investissement, tout en intégrant des dimensions transversales liées au genre, à la jeunesse, à l’environnement et au numérique. Il est aligné sur la Feuille de route gouvernementale 2026-2031 ainsi que sur les Objectifs de développement durable (ODD).
La mise en œuvre de la troisième phase du CIR au Togo s’appuiera sur le Programme de compétitivité commerciale et d’investissement (PCCI-Togo).
Selon Dr ABE Talime, Point focal CIR-Togo, ce programme est aligné sur la Feuille de route gouvernementale 2026-2031 et sur les engagements régionaux du Togo au sein de la CEDEAO, de l’UEMOA et de la ZLECAf.
« Le PCCI-Togo entend notamment répondre aux défis liés à la faible diversification des exportations, aux contraintes de compétitivité des entreprises et aux insuffisances en matière de coordination institutionnelle. Deux composantes complémentaires sont mises en avant : le renforcement du cadre institutionnel, de la gouvernance commerciale et de l’environnement des affaires, ainsi que l’amélioration de la compétitivité des entreprises et l’élargissement des débouchés économiques. L’atelier de validation doit permettre de recueillir les contributions des différentes parties prenantes afin de perfectionner le DPP et d’assurer une meilleure adéquation entre les priorités nationales et les mécanismes d’intervention du CIR », a indiqué le Point focal CIR-Togo.

La Phase 3 prévoit également l’élaboration d’une Matrice d’actions prioritaires, destinée à améliorer l’affectation des ressources et à renforcer le plaidoyer en faveur de la mobilisation de financements.
Selon Dr Arthur Lilas Trimua, Ministre délégué chargé de la Promotion des investissements et de la Souveraineté économique, représentant le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, cet outil doit permettre de fonder les interventions sur des données probantes et une approche axée sur les résultats.
La matrice doit ainsi servir de référence pour la mobilisation de ressources en faveur des secteurs stratégiques de l’économie nationale, en cohérence avec les trois piliers de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031 : « Protéger – Rassembler – Transformer ».
Le Togo dispose déjà d’une expérience significative dans le cadre du CIR. Entre 2010 et 2025, le pays a mis en œuvre les Phases 1 et 2 du programme, avec plusieurs interventions consacrées notamment à l’intégration commerciale et au renforcement des capacités productives.

Parmi les principaux chantiers figurent la préparation et la réalisation de l’Étude diagnostique pour l’intégration du commerce (EDIC), son actualisation, ainsi que le soutien aux mécanismes nationaux de mise en œuvre du CIR à travers des projets de catégories 1 et 2.
Le programme a également accompagné le renforcement des capacités productives et commerciales des filières soja, anacarde, karité et coton, ainsi que les opérateurs du commerce, du transport et du transit. D’autres initiatives ont porté sur la mise à jour de la Politique nationale de développement du commerce et sur le développement commercial inclusif de la filière karité à l’échelle régionale.
La troisième phase du CIR ambitionne de franchir une nouvelle étape en mettant davantage l’accent sur l’articulation entre commerce, investissement, développement du secteur privé et transformation économique.

Pour le Togo, l’enjeu est désormais de traduire cette nouvelle orientation en actions concrètes susceptibles d’améliorer la compétitivité de son économie, de diversifier ses exportations, d’attirer davantage d’investissements et de renforcer son insertion dans les marchés régionaux et internationaux.
Le Cadre intégré renforcé demeure, à cet égard, le seul partenariat multilatéral de donateurs exclusivement consacré aux PMA, avec pour objectif de les aider à utiliser le commerce comme levier de croissance économique et de réduction de la pauvreté.














