Le gouvernement togolais veut désormais mesurer l’action publique à l’aune de ses résultats concrets sur le terrain. Une revue du portefeuille des projets financés dans le cadre du partenariat avec la Banque mondiale a réuni, le 28 juillet 2026, les coordinateurs des différents programmes. Au cœur des échanges : accélérer l’exécution, améliorer les décaissements et surtout s’assurer que les financements mobilisés se traduisent par des bénéfices tangibles pour les populations.
Au Togo, la mise en œuvre de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031 entre dans une nouvelle phase. L’exécutif entend renforcer le suivi des projets de développement afin de mieux relier les performances financières aux réalisations concrètes sur le terrain.
C’est dans cette perspective qu’une revue globale du portefeuille des projets financés avec l’appui de la Banque mondiale s’est tenue le 28 juillet 2026 avec les différents coordonnateurs de projets.
La séance de travail, conduite par Sandra Ablamba Johnson, ministre, Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, traduit une volonté de renforcer la culture du résultat dans la gestion des programmes publics. Désormais, l’enjeu ne se limite plus à suivre les taux d’exécution ou les niveaux de décaissement. Il s’agit surtout de vérifier ce que ces financements produisent effectivement pour les populations.
La nouvelle orientation gouvernementale repose sur un principe simple : un financement mobilisé doit se transformer en réalisations visibles et utiles.
Le gouvernement entend ainsi renforcer la rigueur dans le suivi des projets, accélérer leur mise en œuvre et porter une attention particulière à leur impact socio-économique. Cette approche vise notamment à réduire les retards d’exécution et à améliorer l’efficacité des ressources mobilisées auprès des partenaires techniques et financiers.
Elle s’inscrit dans la dynamique de la nouvelle feuille de route 2026-2031, préparée à travers des consultations avec les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, la société civile et les institutions nationales.
Cette nouvelle programmation doit capitaliser sur les acquis de la Feuille de route Togo 2025, tout en renforçant l’efficacité de l’action publique dans un contexte marqué par des défis économiques, climatiques et sécuritaires.
Le partenariat avec la Banque mondiale constitue l’un des leviers importants de cette stratégie. Son portefeuille au Togo couvre plusieurs secteurs prioritaires, notamment l’emploi, l’énergie, l’agriculture, la santé, l’éducation, la gouvernance, l’eau, les transports, la protection sociale, le développement local et le développement urbain.
Le nouveau cadre de partenariat de l’institution avec le Togo s’articule autour de trois grandes priorités : créer davantage d’emplois de qualité dans le secteur privé, renforcer le capital humain et favoriser un développement territorial inclusif et résilient.
L’ampleur de ce partenariat donne une mesure de l’enjeu. Au 30 juin 2026, la Banque mondiale faisait état de 99 projets au Togo, représentant plus de 4,4 milliards de dollars d’engagements à travers ses différents guichets et instruments.
Les financements récemment approuvés illustrent l’importance de ce portefeuille.
En juin 2026, la Banque mondiale a approuvé 200 millions de dollars pour renforcer les systèmes de transport et de logistique du Togo. Le programme vise notamment à améliorer la mobilité urbaine dans le Grand Lomé et à renforcer l’accès routier résilient aux zones agricoles à fort potentiel.
Un autre financement de 163 millions de dollars, également accordé en juin, doit renforcer la cohésion sociale dans les régions nord du Golfe de Guinée. Au Togo, il doit notamment soutenir les investissements communautaires, l’accès aux services essentiels, les moyens de subsistance et les opportunités d’emploi dans les zones les plus vulnérables.
Ces investissements répondent à une même logique : améliorer la connexion entre les territoires, les zones de production et les marchés, tout en renforçant la résilience des populations et des infrastructures.
La feuille de route 2026-2031 ne constitue toutefois qu’une étape d’une ambition de plus long terme.
Lors du séminaire gouvernemental du 11 juin 2026, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, avait placé l’accélération du développement au cœur des réflexions, avec notamment l’objectif de doubler le niveau de vie moyen et de ramener l’incidence de la pauvreté sous la barre des 15 % à l’horizon 2040.
Dans cette trajectoire, l’efficacité des investissements publics et des financements extérieurs devient un enjeu central. Chaque projet doit contribuer à améliorer les infrastructures, créer des emplois, renforcer les services publics ou ouvrir de nouvelles opportunités économiques.
La revue du portefeuille Togo–Banque mondiale marque ainsi une évolution dans la gouvernance des projets publics. L’objectif n’est plus seulement de mobiliser des ressources ou d’atteindre des indicateurs administratifs, mais de transformer rapidement les financements en résultats mesurables.
Pour l’exécutif, le message adressé aux responsables de projets est clair : davantage de rigueur dans le suivi, plus de célérité dans l’exécution et une attention constante à l’impact sur les populations.
La réussite de la Feuille de route 2026-2031 se jouera donc aussi sur cette capacité à convertir les engagements financiers en infrastructures, services, emplois, opportunités économiques et amélioration du niveau de vie.
À travers cette nouvelle approche, le gouvernement entend faire de l’efficacité de l’action publique l’un des marqueurs de la prochaine phase du développement du Togo. Le véritable indicateur ne sera plus seulement ce qui est financé ou dépensé, mais ce qui est effectivement réalisé et ce que les populations en retirent.














