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HORIZON NEWS

À l’occasion d’Octobre Rose, la ministre et secrétaire générale de la présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson, appelle les femmes togolaises à faire de la prévention une priorité. Elle les invite à dépasser la peur du diagnostic et à recourir au dépistage précoce, un moyen essentiel de favoriser une prise en charge rapide du cancer du sein.

Au Togo, la mobilisation contre les cancers féminins s’intensifie dans le cadre d’Octobre Rose. Campagnes de sensibilisation, initiatives communautaires et rencontres scientifiques se multiplient pour encourager la prévention et améliorer l’accès au dépistage. Dans ce contexte, Sandra Ablamba Johnson lance un appel aux femmes : ne pas laisser la peur, la gêne ou les tabous constituer un obstacle à la préservation de leur santé.

Le cancer du sein demeure un enjeu majeur de santé publique. La sensibilisation et la détection précoce jouent un rôle important dans l’amélioration des possibilités de traitement. Pour les acteurs engagés dans cette lutte, l’enjeu consiste notamment à mieux informer les populations et à encourager les femmes à consulter dès qu’elles constatent un changement inhabituel.

Une mobilisation communautaire dans le Grand-Lomé

Plusieurs initiatives sont annoncées dans le cadre de cette campagne nationale de sensibilisation. Le mardi 20 octobre 2026, le Groupement des Femmes Vaillantes et Dynamiques prévoit une marche de sensibilisation dans le Grand-Lomé. Le parcours doit relier le parking du marché de Hédzranawoé à la Maison de la Sage-Femme.

Cette mobilisation vise à attirer l’attention sur les cancers du sein et du col de l’utérus, tout en encourageant les femmes à accorder une plus grande importance à leur santé. Les organisatrices entendent également promouvoir le recours au dépistage précoce et contribuer à briser les silences qui entourent encore ces maladies.

La sensibilisation s’étend également au milieu scolaire. Le mercredi 21 octobre 2026, les équipes pédagogiques des neuf inspections de la Direction régionale de l’éducation du Grand-Lomé sont appelées à organiser des activités d’information dans les établissements scolaires.

Au programme figurent notamment la lecture de messages de sensibilisation par des groupes de jeunes filles lors des rassemblements matinaux, suivie d’échanges en classe. Ces discussions doivent permettre aux élèves d’aborder différentes questions liées à la santé menstruelle, à l’hygiène et à la prévention, tout en obtenant des réponses adaptées à leurs préoccupations.

La relève médicale mobilisée pour la détection précoce

Le secteur scientifique apporte également sa contribution à cette dynamique. La MedLeaders Association (MLA) a lancé, la semaine précédente, le MLA Health Summit 2026, une rencontre placée sous le thème : « Détecter tôt, sauver des vies : la relève médicale unie contre le cancer du sein ».

Cette initiative entend mobiliser les jeunes professionnels de santé autour des enjeux de prévention, de sensibilisation et de diagnostic précoce. Elle vise aussi à favoriser les échanges scientifiques et à faire émerger des pistes de solutions pour améliorer la lutte contre cette maladie.

À travers ces différentes actions, les acteurs engagés souhaitent renforcer les connaissances du public et promouvoir une culture de la prévention qui ne se limite pas au mois d’octobre.

Sandra Johnson appelle à briser les tabous

C’est dans ce contexte de mobilisation que Sandra Ablamba Johnson a adressé un message direct aux femmes sur les réseaux sociaux. La ministre les encourage à profiter des initiatives organisées pendant Octobre Rose pour accéder aux examens de dépistage proposés à des conditions financières plus accessibles.

« Poussez la porte d’un centre de santé près de chez vous. Parlez de votre santé, brisez les tabous, la gêne, la peur du résultat : ils coûtent plus cher que l’examen », a-t-elle exhorté.

Au-delà du dépistage, son message met l’accent sur l’importance de connaître son corps et de rester attentive aux changements inhabituels. « Mesdames, vos seins vous appartiennent, apprenez à les connaître. Regardez-les, touchez-les régulièrement, et si quelque chose change, ne gardez pas le silence : consultez », a-t-elle conseillé.

La responsable insiste également sur la nécessité de maintenir les efforts de prévention tout au long de l’année. Pour elle, la sensibilisation ne doit pas s’arrêter à la fin d’Octobre Rose.

« Chaque année, nous répétons le même message, parce qu’il sauve des vies : le cancer du sein, détecté tôt, se soigne bien mieux », a-t-elle rappelé.

Si la connaissance de son corps peut aider à repérer des changements, elle ne remplace toutefois pas une consultation médicale ni les examens de dépistage recommandés selon l’âge et les facteurs de risque.

Le défi d’une réponse sanitaire durable

Au-delà des campagnes ponctuelles, la lutte contre le cancer nécessite des mesures structurelles et un renforcement des capacités de prise en charge.

En 2024, le gouvernement togolais avait annoncé, en Conseil des ministres, la création d’un Conseil national de lutte contre le cancer. Cette structure devait notamment contribuer à la coordination des actions de prévention et à l’amélioration de la prise en charge des patients.

Cette initiative s’inscrivait dans la continuité du Plan national de lutte contre le cancer 2022-2025, qui ambitionnait de réduire la mortalité grâce à la détection rapide des cas suspects et à une prise en charge adaptée. Parmi les objectifs annoncés figuraient l’opérationnalisation de l’Institut de cancérologie, le renforcement des équipements médicaux ainsi que l’amélioration de la disponibilité des médicaments et des traitements spécialisés, notamment la chimiothérapie.

La concrétisation et le suivi de ces mesures demeurent des éléments importants pour apprécier les progrès réalisés dans la lutte contre la maladie.

Transformer la sensibilisation en réflexe

Au Togo, les initiatives organisées à l’occasion d’Octobre Rose traduisent une volonté de renforcer l’information, de faciliter le dépistage et de réduire les obstacles socioculturels qui peuvent retarder les consultations.

L’appel de Sandra Ablamba Johnson s’inscrit dans cette dynamique : encourager les femmes à parler de leur santé, à consulter sans attendre face à un changement inhabituel et à s’informer auprès des professionnels de santé.

Le principal défi reste désormais de faire de la prévention un engagement permanent, soutenu par un accès effectif aux examens et aux traitements. Car au-delà de la mobilisation annuelle, la lutte contre le cancer du sein repose sur la sensibilisation continue, la détection précoce et la disponibilité de soins adaptés.

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