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La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) veut lever l’un des principaux obstacles au développement du commerce intra-africain : la fragmentation des procédures douanières. À Abuja, son secrétariat a conclu un accord de concession de 20 ans avec Bergmans Security pour accélérer la digitalisation des administrations douanières du continent.

Le commerce intra-africain pourrait franchir un nouveau cap grâce à la modernisation des systèmes douaniers. Le secrétariat de la ZLECAf a signé, la semaine dernière à Abuja, un accord de concession d’une durée de 20 ans avec Bergmans Security, portant sur un programme évalué à 3,1 milliards de dollars, soit environ 2,7 milliards d’euros.

L’accord associe le secrétariat de la ZLECAf, AfCFTA Holdings et AfriTrade CMP, filiale de Bergmans. Il prévoit le déploiement de solutions numériques au sein des administrations douanières nationales afin d’améliorer le traitement des opérations, le suivi des marchandises et la circulation des informations commerciales.

Bergmans Security devra mobiliser les financements et l’expertise technique nécessaires à la mise en œuvre du programme. L’entreprise travaillera avec les administrations douanières des différents pays afin d’adapter les solutions aux cadres réglementaires et aux réalités opérationnelles propres à chaque marché.

L’initiative intervient alors que la ZLECAf cherche à accélérer la mise en œuvre du marché unique africain. Depuis l’entrée en vigueur de l’accord en 2021, l’organisation s’emploie à réduire les barrières qui freinent les échanges entre les économies du continent.

Si les droits de douane constituent encore un enjeu, les procédures frontalières représentent également un obstacle majeur. Dans plusieurs pays, la persistance de procédures manuelles, l’absence d’interconnexion des systèmes et l’hétérogénéité des pratiques douanières ralentissent la circulation des marchandises.

Cette situation affecte à la fois les opérateurs économiques et les administrations publiques, en réduisant la visibilité sur les flux commerciaux et en compliquant parfois la collecte des recettes.

Selon Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAf, les échanges intra-africains ont atteint 220 milliards de dollars en 2024, enregistrant une progression de 12,5 % sur un an. Malgré cette évolution, le niveau demeure encore éloigné de l’ambition affichée par l’organisation, qui vise à doubler le commerce intra-africain d’ici 2035.

Pour le responsable, la transformation numérique des douanes constitue donc un préalable à la réalisation de cet objectif.

« Si nous ne parvenons pas à garantir un système douanier numérique capable d’exprimer notre ambition, je crains que nous ne réussissions pas à doubler le commerce intra-africain d’ici 2035 », a-t-il déclaré.

Le choix de Bergmans Security s’appuie notamment sur l’expérience acquise par le groupe au Nigeria, où il a participé à la modernisation des services douaniers.

La ZLECAf met en avant les résultats obtenus dans le pays en matière de digitalisation des procédures, d’amélioration des recettes et de réduction des délais de traitement. Le dispositif devrait désormais être adapté et déployé auprès d’autres administrations douanières africaines.

Le président de Bergmans, Saleh Ahmadu, a assuré que son groupe reproduirait cette approche dans d’autres pays du continent, avec la mobilisation des ressources financières et techniques nécessaires.

Le projet revêt également une dimension stratégique. La ZLECAf affirme avoir privilégié un acteur africain alors que plusieurs entreprises internationales avaient manifesté leur intérêt pour le programme. Le choix de Bergmans s’inscrit ainsi dans la volonté de renforcer les capacités technologiques africaines et de favoriser des solutions conçues pour répondre aux réalités du continent.

La signature de l’accord constitue une étape importante, mais son impact dépendra de la capacité des différents acteurs à assurer une mise en œuvre efficace. L’intégration des nouveaux outils dans les administrations nationales, l’harmonisation des procédures et l’interconnexion des systèmes seront déterminantes.

À terme, la digitalisation des douanes doit permettre de réduire les délais de transit, améliorer la traçabilité des marchandises, sécuriser les recettes publiques et faciliter les échanges d’informations entre les pays.

Pour la ZLECAf, le véritable défi est désormais de transformer les engagements politiques en résultats économiques concrets. Car la réussite du marché continental ne dépendra pas uniquement de la suppression progressive des barrières commerciales. Elle reposera aussi sur la capacité des frontières africaines à devenir plus rapides, transparentes et interconnectées.

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