Le Togo accélère sa stratégie de développement du transport aérien. À l’occasion de la première réunion du Comité de Supervision Économique du Transport Aérien de la CEDEAO (ECATEOC), tenue les 2 et 3 juillet à Lomé, les autorités ont annoncé une réduction spectaculaire des frais d’entrée sur le marché aérien national. Une mesure destinée à attirer davantage de compagnies, stimuler la concurrence et, à terme, faire baisser le prix des billets.
Le coût d’installation des compagnies aériennes au Togo connaît une baisse sans précédent. Désormais, une entreprise souhaitant obtenir les autorisations nécessaires pour opérer dans le pays n’aura plus à mobiliser près de 200 millions de FCFA, mais seulement 3,5 millions de FCFA.
L’annonce a été faite par le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), le colonel Idrissou Ahabou Abdou, en marge de la première réunion du Comité de Supervision Économique du Transport Aérien de la CEDEAO (ECATEOC), organisée à Lomé.
« Sur instruction du champion du MUTAA, nous allons appliquer une nouvelle directive. Vous pouvez désormais vous installer en tant que compagnie avec 3,5 millions au lieu de 200 millions. C’est une réduction de plus de 90 % », a-t-il déclaré devant la presse.
Cette décision s’inscrit dans la volonté des autorités togolaises de rendre le marché national plus attractif pour les transporteurs aériens. En réduisant considérablement les barrières financières à l’entrée, le gouvernement entend favoriser l’arrivée de nouveaux opérateurs et renforcer la desserte du pays.
Pour le directeur général de l’ANAC, le mécanisme est simple : davantage de compagnies signifie davantage de concurrence, et une concurrence accrue devrait entraîner une baisse progressive des tarifs du transport aérien.
« Quand on multiplie les compagnies aériennes, cela entraîne mécaniquement une concurrence, et la concurrence entraîne mécaniquement la baisse des coûts », a-t-il expliqué.
Au-delà de l’attractivité du marché, cette réforme s’inscrit dans l’ambition du Togo de consolider le rôle de l’Aéroport international Gnassingbé Eyadéma (AIGE) comme plateforme régionale de correspondance en Afrique de l’Ouest.
Présent à la rencontre, le ministre des Transports, Komlan Kadjé, a rappelé que le développement des hubs régionaux repose avant tout sur une meilleure intégration des réseaux aériens.
« La prospérité de chacun de nos aéroports dépend de la fluidité de l’ensemble » et « aucun hub ne prospère seul », a-t-il souligné.
La réforme togolaise s’inscrit également dans la dynamique impulsée par la CEDEAO en faveur d’un marché aérien régional plus compétitif. Réunis à Abuja en décembre 2024, les chefs d’État de la Communauté avaient décidé de supprimer certaines taxes sur le transport aérien et de réduire de 25 % les redevances passagers et de sécurité, avec une entrée en vigueur fixée au 1er janvier 2026.
En abaissant drastiquement les coûts d’accès au marché, le Togo va plus loin que les recommandations communautaires et renforce son positionnement comme destination attractive pour les investisseurs du secteur aérien.
Cette mesure intervient alors que la mise en œuvre des réformes varie encore d’un État membre à l’autre. Selon Chris Appiah, directeur du Transport à la Commission de la CEDEAO, certains pays ont déjà engagé les adaptations nécessaires, tandis que d’autres accusent encore du retard.
Les projections des experts de la CEDEAO sont encourageantes : une application intégrale des réformes pourrait entraîner une baisse d’environ 40 % des prix des billets d’avion et une hausse de 20 à 30 % du trafic de passagers dans l’espace communautaire.
En misant sur une ouverture accrue de son marché aérien, le Togo espère ainsi renforcer la connectivité de Lomé, attirer de nouveaux transporteurs et conforter sa place parmi les principaux hubs aériens de la sous-région.














