L’Afrique entend parler d’une seule voix face aux conséquences de la crise au Moyen-Orient. Réunis à Lomé, le vendredi 3 juillet 2026, à l’occasion d’une conférence ministérielle extraordinaire de l’Alliance Politique Africaine (APA), les ministres des Affaires étrangères et représentants d’une vingtaine de pays africains, aux côtés de partenaires du Moyen-Orient, ont adopté une déclaration finale appelant à une réponse africaine concertée face aux répercussions géopolitiques, économiques et sécuritaires du conflit.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, en présence du président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, également président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les travaux ont permis aux participants d’évaluer les impacts de la crise sur le continent africain et d’esquisser une stratégie commune pour y faire face.
Dans leur déclaration finale, les ministres expriment leur profonde préoccupation face à l’intensification des tensions géopolitiques et militaires au Moyen-Orient. Ils estiment que cette crise dépasse désormais le cadre régional et exerce des effets directs sur les économies africaines, notamment à travers la flambée des prix de l’énergie, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, le ralentissement des échanges commerciaux, les tensions sur les marchés internationaux et les risques croissants pour la sécurité alimentaire.
Face à ces défis, l’Alliance Politique Africaine appelle les États africains à renforcer leur résilience économique. Les recommandations portent sur la diversification des économies, l’accélération de l’industrialisation, le développement du commerce intra-africain grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le renforcement de la souveraineté énergétique ainsi que l’accroissement des investissements dans les infrastructures, les énergies renouvelables, la transformation agroalimentaire et les réserves stratégiques.
Les ministres alertent également sur les risques sécuritaires induits par la crise, notamment l’expansion des menaces transnationales, les rivalités géostratégiques, la désinformation, les cyberattaques et les menaces visant les infrastructures critiques. Ils plaident pour une adaptation des dispositifs de défense des États africains et réaffirment la nécessité pour le continent de bâtir une véritable autonomie stratégique en matière de sécurité et de défense.
Au-delà des préoccupations africaines, la conférence a lancé un appel à la désescalade au Moyen-Orient. Les participants condamnent les violences contre les populations civiles et invitent toutes les parties à privilégier le dialogue et la diplomatie comme seules voies susceptibles de conduire à une paix durable. Ils saluent, à cet égard, les initiatives de médiation engagées ces derniers mois, notamment celles ayant favorisé un rapprochement entre les États-Unis et l’Iran, tout en encourageant la poursuite des négociations.














