Okou, 17 octobre 2026 – La reconnaissance officielle d’un chef traditionnel consacre une autorité, mais lui impose surtout des devoirs envers sa communauté. C’est le message central délivré par le gouverneur de la région des Plateaux, le Général de Brigade Dadja Maganawè, lors de la remise du décret de reconnaissance à Sa Majesté Abotchi Edoh Gbeté II, chef du canton d’Okou, dans la préfecture de Wawa. Entre appel à l’intégrité, devoir de rassemblement et engagement pour le développement local, cette cérémonie a placé la responsabilité du nouveau chef au cœur des échanges.
Face aux autorités administratives, aux élus, aux chefs traditionnels et aux forces vives d’Okou, le Gouverneur Dadja Maganawè a rappelé que la chefferie traditionnelle ne saurait se réduire aux honneurs liés au titre. Elle constitue une responsabilité qui exige sagesse, impartialité et dévouement.
« Ce n’est pas un privilège, c’est une charge qu’on lui donne », a-t-il martelé, en invitant le nouveau chef à mesurer la portée de la mission qui lui est confiée.
S’appuyant sur les dispositions de la loi n° 2007-002 du 8 janvier 2007 relative à la chefferie traditionnelle et au statut des chefs traditionnels au Togo, le gouverneur a souligné le rôle du chef dans la préservation des us et coutumes, la conciliation des parties et la consolidation de la cohésion sociale.
Il a particulièrement insisté sur la nécessité de rester neutre, impartial et apolitique afin de préserver la confiance des populations et de prévenir les divisions. « Vous devez être rassembleur et faire preuve d’une grande capacité d’écoute et d’un sens élevé de l’intérêt général », a-t-il recommandé.
Le représentant de l’État a également exhorté le nouveau chef à rejeter fermement la corruption et l’achat de conscience. Pour lui, l’autorité morale se construit par l’exemplarité, la droiture et le respect des valeurs citoyennes.
La cérémonie a également été marquée par les remerciements du président du comité d’organisation, M. Roger Nyakossi. Il a exprimé sa reconnaissance aux autorités nationales et régionales pour leur accompagnement dans l’aboutissement de cette reconnaissance officielle.
Il a salué la présence du Gouverneur, des autorités administratives et des chefs traditionnels, tout en adressant ses remerciements aux populations et aux différentes personnes ayant contribué à la réussite de l’événement.
Cette mobilisation a traduit l’attachement des habitants d’Okou à leurs traditions et leur volonté de voir leur chefferie jouer pleinement son rôle dans la vie communautaire. À son tour, Sa Majesté Abotchi Edoh Gbeté II a exprimé sa gratitude aux plus hautes autorités du pays pour la reconnaissance officielle de sa désignation coutumière. Il a également témoigné sa reconnaissance aux autorités présentes, aux chefs traditionnels, aux organisateurs et à la population pour leur soutien en cette circonstance importante.
Cette consécration l’engage désormais à assumer pleinement ses fonctions de gardien des us et coutumes et à œuvrer au service de sa communauté, dans le respect des traditions et des institutions de la République.
Le moment fort de la cérémonie a été la remise du décret n° 2026-095/PC du 26 mai 2026, signé par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Ce texte reconnaît officiellement la désignation par voie coutumière de Sa Majesté Abotchi Edoh Gbeté II comme chef du canton d’Okou, dans la préfecture de Wawa.
La remise du drapeau togolais a accompagné cet acte solennel, symbolisant les responsabilités attachées à sa fonction au sein de la communauté nationale.
Au terme de cette cérémonie, le défi pour le nouveau chef est désormais de traduire cette reconnaissance en actions concrètes au bénéfice de sa population. La préservation des traditions, le règlement pacifique des différends et la participation au développement local constitueront des repères essentiels de sa mission.
Jean-Marc Edron















