L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a lancé, le 28 juillet 2026 à Lomé, la revue de l’exécution des marchés publics au titre du premier semestre 2026. L’exercice vise à évaluer la mise en œuvre des plans de passation des marchés (PPM), identifier les principaux dysfonctionnements et proposer des mesures correctives afin d’améliorer l’efficacité de la dépense publique.
La revue réunit les personnes responsables des marchés publics (PRMP), des représentants du secteur privé et de la société civile, ainsi que les structures de contrôle, notamment la Direction nationale du contrôle de la commande publique (DNCCP) et la Direction nationale du contrôle financier (DNCF). Des cadres de l’ARCOP participent également aux travaux.
Au-delà de l’évaluation technique des procédures, cette revue constitue un outil de suivi de la performance de la commande publique et de renforcement de la transparence dans la gestion des ressources publiques.

Le directeur général par intérim de l’ARCOP, Aftar Touré Morou, a insisté sur l’importance d’une planification rigoureuse pour garantir une exécution efficace des dépenses publiques.
« Dans la vision du gestionnaire, celui qui ne planifie pas planifie sa chute », a-t-il rappelé, soulignant que le Plan de passation des marchés (PPM) constitue l’un des principaux instruments permettant de traduire les crédits budgétaires en réalisations concrètes au bénéfice des populations.
Pour le régulateur, une mauvaise planification peut en effet entraîner des retards dans les procédures, affecter l’exécution des projets et réduire l’impact économique des investissements publics.
Le directeur général par intérim a également mis en avant la dimension sociale de la commande publique. La qualité des biens, services et infrastructures acquis sur fonds publics peut avoir des conséquences directes sur les populations.
Il a notamment évoqué le cas de manuels scolaires mal conçus susceptibles de compromettre l’apprentissage d’une génération, ou encore des erreurs dans les spécifications techniques d’infrastructures sanitaires pouvant entraîner de graves conséquences humaines.
L’efficacité de la commande publique repose également sur la célérité des procédures d’appel à la concurrence. Selon l’ARCOP, la réduction des délais et une meilleure fluidité dans l’exécution des marchés sont essentielles pour accélérer la réalisation des projets financés sur ressources publiques.
L’enjeu est également économique. Une exécution budgétaire plus fluide permet aux entreprises titulaires de marchés publics d’être payées dans de meilleures conditions. Ces ressources contribuent ensuite au paiement des salaires, au règlement des fournisseurs et à la circulation des revenus dans l’économie.
La commande publique apparaît ainsi comme un maillon important de la chaîne de transmission de la dépense publique vers l’activité économique et l’emploi.
Plusieurs communications ont marqué la première journée de la revue. Charif Afoh Tchaouta, directeur des statistiques, de la documentation et du suivi-évaluation à l’ARCOP, a présenté les conclusions des audits réalisés sur les marchés publics passés en 2024.
Les travaux ont également porté sur la digitalisation du renforcement des capacités. Yawouvi Yacouba Agban, directeur de la formation et des appuis techniques à l’ARCOP, a présenté la plateforme de formation en ligne « e-format », destinée à permettre aux acteurs de la commande publique d’accéder à des formations de manière flexible et continue.
De son côté, Lardja Kombate, directeur de la réglementation et des affaires juridiques, a animé une communication consacrée aux garanties et aux documents financiers exigés dans les marchés publics.

Les principales insuffisances relevées dans le processus de visa des marchés publics ont, pour leur part, été présentées par Dambouame Badame, contrôleur financier délégué à la Direction nationale du contrôle financier (DNCF).
Les travaux se poursuivent jusqu’au 31 juillet 2026 avec l’examen détaillé des performances de chaque autorité contractante. Cette étape doit permettre d’identifier les difficultés rencontrées dans l’exécution des plans de passation des marchés et de dégager des solutions correctives.
Pour l’ARCOP, la démarche repose sur une collaboration étroite entre le régulateur, les organes de contrôle et les autorités contractantes.
L’objectif est de renforcer progressivement la qualité de la commande publique afin d’en faire un levier de bonne gouvernance, d’efficacité budgétaire et de croissance économique, au service des populations et du développement du Togo.













